Passage | Jérôme Blin & Claudine Doury

Passage, une double exposition de Jérôme Blin et Claudine Doury

du 3 Juin au 31 Juillet 2022

Passage évoque ce temps de latence identitaire, celui de l’adolescence. Entre la campagne vendéenne et celle de la Crimée, nous voguons dans le même silence qui anime ces jeunes en quête d’avenir et de devenir. Dans une douceur et une bienveillance commune, les regards de ces deux photographes nous proposent un temps d’arrêt, un retour à cette période d’intenses émotions et questionnements.

L’entretemps | Jérôme Blin

© Jérôme Blin

Ni vraiment villes, ni vraiment campagnes : des entre-deux parfaits où l’on oublie les hommes. Les héros de Jérôme Blin n’ont de l’homme que l’essence, beaucoup sont des femmes, tous sont adolescents. Ils et elles sont en devenir et leur question n’est pas tant de savoir devenir quoi, mais où. Où aller ? Jusqu’à quand rester dans ces rues qui se perdent dans les champs, le bocage vendéen ou la métropole nantaise ? Blain, Les Herbiers, Saint-Herblain, comme une ritournelle contre le vent. Chez Jérôme Blin, les crépis passés ou les parkings vidés se transforment en scènes fabuleuses pour accueillir le plus vieux récit du monde : celui d’une adolescence en quête d’un destin.

Artek | Claudine Doury

© Claudine Doury, courtesy Agence VU’

Artek installe des adolescents dans un espace, dans un temps et dans des fonctionnements qui les détachent du réel, ils s’échappent de la contingence pour laisser s’exprimer leurs doutes, leur identité, leurs contradictions et leurs désirs. Ce camp se révèle un terrain privilégié pour l’approche de ce moment de la vie qui fascine Claudine Doury et qu’elle s’attache à mettre en images. Dans ce décor de rêve, alors qu’ils vivent une fiction qui les libère du quotidien, garçons et filles se laissent aller à l’exigence vitale de leur âge : ils jouent et ne jouent pas, adoptent des rôles qui les aident à contrôler ce qu’ils sont – chaotiques dans leurs désirs et leurs impulsions – plutôt qu’à se donner une image…


extraits de la préface de Artek par Christian Caujolle