24e Rencontres Photographiques : Dérives

©Shinji Nagabe

Dérives / Gilbert Garcin / Antoine Vincens de Tapol / Marion Chombart de Lauwe / Baptiste Chauloux / Elsa Leydier / Shinji Nagabe / Eric Vassal / Marilia Destot / Leslie Moquin / Christophe Beauregard / Léa Habourdin

©Leslie Moquin, Medusa

L’idée de Dérives est née lors du premier confinement où le temps de l’isolement nous était imposé. Cette période nous a renversés vers nous-mêmes et nous avons pu partir à la dérive de l’immobilisation.

Dérive…
Ce mot s’immisce dans les pensées, il s’installe et s’imbrique aux images des photographes connus ou découverts au gré des pages.
Entre recherche technique ou manipulation scientifique, la dérive trouve sa place au fur et à mesure vers le documentaire, la représentation de l’individu et dépeint une conquête de l’ailleurs… De l’infiniment petit à l’infiniment grand.

Les dérives que peuvent offrir la photographie sont au cœur de cette nouvelle édition des Rencontres Photographiques, comme une envie de sortir du cadre prédéfini. Entre plasticité des assemblages d’idées, de formes et de matières et originalité des montages édifiés, le décloisonnement sera total. A travers le travail de onze artistes, vous voguerez à la dérive dans ces univers protéiformes.


Émilie Teulon
Commissaire des expositions pour les 24e Rencontres Photographiques
Directrice artistique et responsable de la pédagogie, Le Lieu


PROGRAMMATION
Gilbert Garcin
Mister G

Gilbert Garcin a commencé la photo au début de sa retraite, suite à un stage aux Rencontres d’Arles. Il s’enthousiasme pour la technique du photomontage.
Il va élaborer, sur une simple table, des décors minimalistes dans lesquels il dispose des figurines cartonnées pour donner forme à un univers onirique et philosophique.
Tour à tour scénariste, metteur en scène et acteur de ce mini-théâtre (avec la complicité de son épouse Monique), Gilbert Garcin invente un monde en noir et blanc où se côtoient l’humour, le pathétique et l’absurde.
Fables philosophiques, réflexions humanistes empreintes de légèreté et de poésie, ses photographies parcourent des thématiques universelles comme l’amour, le temps, la gloire, la solitude ou la liberté. De son propre aveu, les interprétations en sont multiples, voire contradictoires. C’est un monde d’ombre et de lumière, dans lequel il nous laisse trouver notre chemin.

Galerie Le Lieu
Hôtel Gabriel, Enclos du Port, 56100 Lorient
Du mardi au vendredi : 14h-18h
samedi et dimanche : 15h-18h
Fermée le 11 novembre

Antoine Vincens de Tapol / Marion Chombart de Lauwe / Baptiste Chauloux
Les odysséens

Suite à une résidence réalisée à Lorient durant plusieurs mois, Antoine Vincens de Tapol, Marion Chombart de Lauwe et Baptiste Chauloux réalisent deux boîtes à rêves que l’on retrouve à la galerie du Faouëdic ainsi qu’à la galerie Le Lieu.
La Fabrique des Rêves est une boîte collective qui sert d’écrin aux rêves de vie récoltés auprès des Odysséens. «Mineurs isolés, réfugiés, sans papiers, exilés, immigrés, émigrés, demandeurs d’asile, étrangers…» sont autant de notions plombées par un contexte sociétal qui nous éloigne des réalités.
À partir du récit de chacun, les artistes et les Odysséens ont échafaudé une scénographie d’images imprimées et projetées.
C’est le résultat de rêves, de projections et de discours individuels qui se composent en collectif. Tournées vers un futur, ces boîtes à rêves offrent à leurs protagonistes une place centrale et permettent aux spectateurs de réinterroger le regard qu’ils portent sur ces individus.

Galerie Le Lieu
Hôtel Gabriel, Enclos du Port, 56100 Lorient
Du mardi au vendredi : 14h à 18h
samedi et dimanche : 15h à 18h
Fermeture le 11 novembre

Galerie du Faouëdic
Place de l’Hôtel de ville
56100 Lorient
Du mercredi au dimanche 14h-19h
Fermée le 11 novembre

Shinji Nagabe
Espinha


Espinha est une invitation à visiter l’univers créé par le photographe brésilien, qui a grandi dans une famille japonaise traditionnelle.
Le travail de Shinji Nagabe a toujours été guidé par ces deux cultures, mêlant un univers fantastique à des faits réels. Ce qui peut être observé dans ses images est une combinaison de poses formelles et statiques évoquant l’univers pictural japonais composé de couleurs tropicales et d’accessoires typiques du culte syncrétiste brésilien.
Shinji problématise, dans son travail photographique, d’innombrables questions qui vont au-delà de la photographie. Imprégnant la philosophie, le réel, la religiosité, l’Histoire ainsi que l’identité, il nous conduit à explorer d’autres fondements de l’image photographique.

Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne – Site de Lorient
1 avenue de Kergroise,
56100 Lorient
du lundi au vendredi de 13h à 20h
le samedi de 14h à 18h
Fermeture les dimanches, les jours fériés et du 23 octobre au 1er novembre.



Elsa Leydier
Transatlántica

Elsa Leydier joue avec les images qu’elle ramène d’Amérique Latine et propose une relecture des représentations visuelles dominantes de lieux iconiques. Elle questionne la charge politique des images et nous invite à douter de leur capacité à dépeindre le réel.
Transatlántica est une union de trois projets.
A partir d’images glanées sur internet et altérées, Elsa Leydier révèle le mécanisme idéalisé de l’Amazonie. Les images sont manipulées, parfois détournées d’un support touristique. Leur matérialité saute aux yeux pour révéler nos fantasmes de ces paysages tropicaux.
Par le même procédé, l’artiste produit un discours inverse avec son travail réalisé dans le Chocó en Colombie, région connue pour être la plus pauvre du pays. L’artiste produit des images « pop », lumineuses et lustrées, faisant remonter à sa
surface le clinquant et la richesse de la biodiversité de ces territoires.

Galerie du Faouëdic
Place de l’Hôtel de ville
56100 Lorient
Du mercredi au dimanche de 14h à 19h
Fermeture le 11 novembre

Eric Vassal
Dagyde et Agnosis

Dagyde est le nom donné aux poupées de cire ou de chiffon qui servent à jeter des sorts dans la sorcellerie occidentale. Ces poupées sont piquées d’aiguilles, tout comme les photographies de l’artiste, naissant d’un film classique en noir et blanc. Depuis de nombreuses années le travail d’Éric Vassal revisite et questionne la notion d’histoire de l’art et de patrimoine en faisant dialoguer différents médiums pour les réinventer. D’une capture d’écran, il nous emmène vers la photographie-objet. Avec la série Agnosis, il questionne le langage de ces films figés dans l’instant. Le cinéma est une œuvre de fiction qui s’attache à réinventer une réalité existante. À son tour, il intervient sur cette fiction afin de créer une nouvelle interprétation d’une réalité déjà transfigurée, transmutée par le cinéma. Naît alors une mise en abyme, révélatrice du lien étroit qui existe entre réalité et fiction.

Galerie du Faouëdic
Place de l’Hôtel de ville
56100 Lorient
Du mercredi au dimanche de 14h à 19h
Fermeture le 11 novembre

Marilia Destot
The journey

Dans the journey, Marilia Destot retourne au pays de ses ancêtres : la Lituanie. Dans ce voyage en terre “natale”, elle s’immerge dans la nature, photographie les traces, les lieux, les visages actuels qui pourraient faire écho avec le passé. À l’aide d’une aiguille, sur ces paysages imprimés, elle perce et fait entrer la lumière. Elle dessine un visage, une présence, des silhouettes et des cheminements en pointillés. Elle explore la relation entre le visible et le non visible, l’absence et la présence, le réel et l’imaginaire. Elle évoque la disparition d’une communauté juive, forcée à l’exil ou exterminée. Elle convoque les souvenirs tangibles, en invente d’autres, et essaie de se réapproprier, reconstruire, et transmettre une mémoire familiale perdue. Dans sa “maison de mémoire”, structure squelette qui évoque les fondations comme les vestiges d’une mémoire flottante, conçue spécialement pour les rencontres, elle invite le spectateur à l’intime expérience du voyage intérieur, de l’introspection, et du recueillement.

Grand Théâtre de Lorient
Parvis du Grand Théâtre
56100 Lorient
Du mardi au vendredi : 13h-18h
Fermeture les jours fériés


Leslie Moquin
Shangaï Cosmetic

Leslie Moquin nous transporte à travers son expérience de Shanghaï. Là, sur les façades à LED des buildings, dans les rues, dans les tunnels du métro, sur les écrans omniprésents, sont diffusées les images d’un bonheur consumériste, de beautés parfaites, d’une nature épanouie.
Dans le même temps, les notions de compétition, d’efficacité, de mobilité, de vitesse et de performance semblent au cœur de la dynamique sociale, comme en contradiction avec cette imagerie. Ici, le phénomène esthétique est parfaitement intégré aux univers de la production, de la commercialisation, de la communication. Art, luxe et marketing marchent main dans la main.
En s’inspirant du kitsch publicitaire, des lumières néon, Shanghaï Cosmetic joue le mimétisme esthétique de la saturation visuelle et l’image révèle autant l’artifice que la fascination qu’il exerce.

Médiathèque François Mitterrand
4 place François Mitterrand,
56100 Lorient
Lundi 13h-19h
mardi, mercredi et vendredi 10h-19h
samedi 10h-18h.
Fermeture les jeudis, le 1er novembre et du 15 au 20 novembre

Christophe Beauregard
Why not portraits

Christophe Beauregard, photographe français, s’attarde sur les hommes et les femmes d’apparence anodine choisis au gré de ses rencontres. Il recherche dans ces portraits un sentiment d’étrangeté, un trouble, et explore les différences qui nous rassemblent. Les modèles anonymes semblent figés dans l’introspection, les contours de leur personnalité encore au travail.
Comme dans certaines toiles de Matisse du début du XXème siècle, ces modèles photographiés en studio devant des fonds imprimés se tiennent au premier plan, questionnant ainsi les rapports de la figure au fond. Il peut exister un lien formel entre ce fond et les matières des vêtements, soit au contraire la figure se détache.
Construite entre la fiction de l’image mise en scène et le réalisme photographique du modèle, c’est une étude anthropologique à la fois sur les transformations du soi qui œuvrent en silence et sculptent les comportements, et une immersion dans la réalité contemporaine des codes de l’identité.

Galerie La Rotonde
1 rue Louis Aragon,
56 600, Lanester
Lundi, mardi, mercredi et vendredi 8h30 – 12h00 / 13h30 – 17h00
Jeudi 10h00 – 12h00 et 13h30 – 17h30 
Samedi 9h – 11h30
Fermeture le 1er et le 11 novembre 

Léa Habourdin
Sur les ruines

Collapsologie, fin du monde, pandémie, sixième extinction de masse, il n’est plus un média qui ne nous annonce pas que nous courons à notre perte.
Léa Habourdin nous propose un anti-manuel de survie qui révèle avec ironie l’absurdité de cette stratégie d’anticipation. Nous y voilà, plongés dans ce monde post-apocalyptique, nous sommes submergés par l’imminent à travers des photographies de paysages vidés de toute présence humaine, des documents manuscrits, des objets saisis dans une troublante solennité, des prédateurs et des corps humains tronqués, tordus, déformés composant l’atmosphère d’un hypothétique futur.
Nous sommes ces autres animaux, nus, fragiles et mélancoliques, notre corps résiste à l’idée de survie en plein nature, et c’est ce lien que Léa Habourdin nous invite à réécrire, en ramassant le bois pour le feu, en construisant une cabane pour y voir mieux ou en apprenant à faire des nœuds.

Artothèque – Galerie P. Tal-Coat
15 rue Gabriel Péri
56700 Hennebont
mardi 14h-18h 
mercredi 10h-12h/14h-18h 
vendredi 14h-18h30
samedi 10h-12h/14h-17h
Fermeture les 1er et 11 novembre