Juliette AGNEL

L’épaisseur du temps

Exposition du 08 juin au 25 juillet 2018

Vernissage le jeudi 07 juin à 18h30 en présence de l’artiste

© Juliette Agnel, « Nocturnes#2 », 2017  Courtesy Galerie Françoise Paviot

Visites commentées :

> le samedi 09 juin à 15h en présence de l’artiste

> le mardi 26 juin à 12h30

> le mercredi 25 juillet à 12h30

Juliette Agnel est née en 1973. Après des études d’arts plastiques et d’ethno-esthétique à l’université Paris 1 puis aux Beaux Arts de Paris (félicitée en 1999), une rencontre avec Jean Rouch l’amène sur les routes de l’Afrique pendant plus de 10 ans. En 2011, elle conçoit et fabrique une machine : la camera obscura numérique, avec laquelle elle filme et photographie. Représentée par la Galerie Françoise Paviot, elle est nominée au Prix Découverte à Arles en 2017 avec sa série « les Nocturnes », également présentée à la FIAC. Elle poursuit son travail de recherche vers les paysages extrèmes lors d’une expédition au Groenland en 2018.

De ses premières séries à ses recherches les plus récentes, entre images fixes et images en mouvement, photographies et projections, cette exposition permet de redéployer son univers à la puissante richesse picturale, témoignant d’un regard contemplatif et poétique sur le monde, et proposant une réflexion fascinante sur la temporalité et la lumière comme éléments intrinsèques à la construction de l’image.

« Longtemps habitée par l’idée même de ciel étoilé, c’est l’été dernier, dans le désert espagnol, que Juliette Agnel a enfin trouvé les images qu’elle portait en elle. La série des « Nocturnes » est apparue, après une lente maturation de fabrication. Ce terme, d’origine musicale, convoque d’emblée les sensations. « Je regarde l’immensité elle-même dans son dénuement absolu. Des paysages presque irrationnels. Des lieux devenant non-lieux, à la fois chaos et cosmos, transcendant la réalité, chargés d’une symbolique cosmique et mystique », explique l’artiste pour caractériser ces territoires apocalyptiques, point de bascule entre réalité et fiction. La découpe des montagnes dans le ciel bleuté, la rugosité des sols, l’absence d’humanité, les rares lunes nues et les étoiles par milliers, concourent à créer une inquiétante étrangeté. Cela est renforcé par la présentation dans des caissons lumineux de ces lucioles brillants dans la nuit. L’incertitude règne également sur leur statut d’image fixe : à tout moment, comme dans les images en mouvement présentées selon un dispositif sophistiqué évoquant autant la chambre noire, la cabine de projection que le diorama, les comètes et les étoiles filantes pourraient s’accélérer ou se figer. Il ne s’agit pas ici de simples paysages, mais de la création d’une immersion pour le visiteur qui est contraint de se positionner entre un infiniment grand et un infiniment petit, en une réflexion métaphysique sur son devenir. L’ambiguïté reste de mise. Face à ces territoires perdus, nous sommes en proie à nous demander si l’humanité entière n’aurait pas déjà disparu. »

Léa Bismuth, à propos de la série Les Nocturnes, 2017

© Juliette Agnel, « Etoiles Pures #2 », 2018  Courtesy Galerie Françoise Paviot

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